Les ultimes semaines de l’année liturgique* ne se contentent pas d’égrener les dernières minutes qui restent à vivre. Elles offrent une véritable pédagogie afin de saisir, alors que ces temps sont les derniers, comment le monde n’avance pas vers sa perte, mais vers la plénitude de la communion avec Dieu.

Certes le temps de pandémie, avec ses multiples conséquences humaines, économiques et sociales, peut donner à penser que le monde se disloque et se divise plus que jamais. Cependant, au milieu de ce fracas, surgit une invitation, toujours plus pressante, à la vigilance et à l’écoute de la venue du Seigneur. Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre (Mt 25, 6).

Invitation paradoxale alors que nous voici, de nouveau, confinés !

Sortir ? Le terme biblique ne veut pas simplement désigner un déplacement physique, mais il possède une signification existentielle très ample.

C’est d’abord prendre le risque de quitter ses certitudes et son confort, sa tranquillité.

Ce n’est donc pas une fuite en avant, mais la manifestation de l’espérance dans laquelle nous avons été plongés au jour de notre baptême.

Enfin, sortir nous conduira vers ces prés d’herbe fraîche où le Seigneur sera le berger de confiance et paix. Ce n’est pas une promenade limitée géographiquement ou réduite à une méditation solitaire. L’itinéraire que les Écritures tracent est celui qui fera de chacun un membre du Peuple de Dieu, du Corps du Christ et un Temple de l’Esprit saint.

Alors, au terme du temps liturgique, la royauté du Christ se dévoile comme la réponse au trouble qui peut nous habiter devant les événements du monde, devant le manque de l’Eucharistie et du rassemblement ecclésial de la prière. Dit autrement, avec les mots de Mathieu l’évangéliste, cette royauté sera celle de la fraternité. Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25, 40).

La réponse au trouble ou au manque qui semble faire vaciller notre espérance et notre communion, c’est bien la fraternité. Elle devient la face visible de cette réalité invisible qu’est notre foi, et qui faisait écrire à François d’Assise la manière de la manifester dans l’aujourd’hui de notre vie :

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,

Là où est la haine, que je mette l’amour.

Là où est l’offense, que je mette le pardon.

Là où est la discorde, que je mette l’union.

Là où est l’erreur, que je mette la vérité.

Là où est le doute, que je mette la foi.

Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.

Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à

être consolé qu’à consoler,

à être compris qu’à comprendre,

à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,

c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,

c’est en pardonnant qu’on est pardonné,

c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

 

*Nouvelle année liturgique le dimanche 29 novembre avec l’entrée dans l’Avent.

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