La vulnérabilité est mal aimée. Elle est associée à l’impuissance ou à la possibilité de la souffrance, mais elle permet de mettre à jour ce par quoi nous sommes et devenons davantage humains ?

Car l’humain est le seul animal à n’avoir aucune protection ni de défense naturelle contre les intempéries ou les prédateurs. L’humain est un animal nu, c’est-à-dire exposé aux dangers et aux agressions de son environnement.

Constater sa vulnérabilité nous met en combat, car il est préférable de manifester son pouvoir ou sa liberté plutôt que ses limites. Cela touche à notre place dans le monde, à l’image de soi, à la relation aux autres.

Être vulnérable, c’est fondamentalement être exposé.

Mais, exposé à quoi ?

Aux accidents de la vie, à ce qui peut survenir ou ne pas survenir, à l’événement, à l’imprévu et plus encore à l’imprévisible (et ces jours derniers, nous sommes servis !)

Nous voyons aussi, que nous sommes constamment exposés à nos propres limites. Limites de notre corps dans l’espace et le temps (nous ne pouvons pas être à la fois ici et ailleurs, dans le passé, ni vivre l’avenir). Limites de nos facultés intellectuelles, mémoire, connaissance, imagination…

Nous ne pouvons pas tout faire.

La vulnérabilité révèle une dimension relationnelle. Nous sommes exposés à l’existence de l’autre, au visage d’autrui, à sa souffrance, à son dénuement. Si nous nous laissons toucher, alors notre vie devient une réponse à son appel et cet appel devient pour nous responsabilité.

La vraie question n’est pas d’être ou de pas être vulnérable mais que faisons-nous de notre vulnérabilité ?

Reconnaitre sa vulnérabilité, c’est reconnaitre que nous sommes affectés par l’autre. Dans notre relation d’aide, d’éducation, d’accompagnement, nous sommes confrontés à l’inconsolable, l’incompréhension, la résistance, le sentiment d’échec. Mais ces mots ne doivent pas marquer la fin de l’histoire. Au contraire, il y a là une invitation à renoncer à nos phrases toutes faites, à nos bons sentiments, à notre volonté de bien faire, pour nous rendre encore plus attentif à la personne, car c’est d’elle et non de nos projets, que nous allons recevoir la juste attitude, la parole ou le silence qui convient.

C’est dans cette situation d’inégalité que nous allons trouver la capacité de recréer de la réciprocité. Dans cette façon de nous mettre à la hauteur de l’autre que nous allons vivre l’expérience de la vulnérabilité, de nous reconnaître comme semblable et d’entrer en relation simplement, humblement, d’humain à humain.

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