Prendre une décision suppose d’être libre. Or, rien n’est plus confus aujourd’hui que ce mot « liberté ».

« J’en ai marre de ne pas être libre » déplore Axel, 16 ans, qui traîne les pieds chaque matin.

Il n’est donc pas libre ? En tout cas, il a le sentiment de subir une situation imposée. « Mes parents décident de tout, je ne peux jamais faire ce que je veux » généralise t’il. Comme si être libre c’était de faire ce que l’on veut. Manger, dormir, se laver, s’habiller, aller au travail, est ce facultatif ? Sommes-nous pour autant aliénés ?

Libre ou pas libre ?

Bien sur que nous sommes libres, mais pas totalement, pourquoi ? Parce qu’être homme, ce n’est pas être délié de toute entrave comme l’oiseau planant au-dessus du monde. C’est vivre dans un environnement donné, à une époque donnée, confronté à d’inévitables contraintes, entouré de personnes la plupart non choisies. Qu’on le veuille ou non, être homme, c’est être héritier biologiquement, génétiquement, culturellement. On ne choisit pas sa famille, pas plus que son époque. Même le quotidien nous enserre, hier brouillard, avant-hier, grève aujourd’hui « coronavirus ». * Autant d’événements imprévus non voulus. Sans parler de nos multiples interdépendances, car nous dépendons bien les uns des autres n’est-ce pas ?

L’enseignant de ses élèves, l’ouvrier du patron, le patron de la conjoncture, le malade du médecin, le curé des paroissiens… Alors, Sartre aurait il raison ? L’enfer, serait-ce les autres ? Les contraintes sont là. Les autres existent bel et bien. Que faire ? Se soumettre ? Se plaindre ? La réalité est bien une limite. Heureuse limite qui nous provoque ! Car devenir libre, c’est dire que cette réalité imposée ne décide pas pour nous, à notre place. Le dernier mot revient à l’homme. Avec François Varillon, nous croyons que le secret de la liberté n’est pas : « Fais ce que tu veux », mais « Veux ce que tu fais ».

En décidant de ne rien subir, on entrera en espérance, seule façon de commencer à transformer lentement la situation, en osant lui donner un sens nouveau. Pas de solution miraculeuse mais la liberté en travail.

Rien n’est possible en dehors du réel reconnu et reçu comme une chance et un appel.

*Actualisé

Extrait de Elève-moi d’Isabelle Parmentier

Isabelle Parmentier est théologienne. Professeur dans l’enseignement public, elle a été aussi aumônier de lycée, responsable de la catéchèse et de la pastorale familiale, notamment dans les diocèses de Poitiers et de Versailles

©2020 OGEC du Sacré Coeur un site internet réalisé par Agence 48

PANNE DES LIGNES TELEPHONIQUES

En savoir plus

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?